INTRODUCTION: LE VAIRON à TÊTE-de-BOULE

Description générale, Biologie, Habitat, Distribution:
Le vairon à tête-de-boule Pimephales promelas Rafinesque est un membre de la famille des Cyprinidés, la plus grande famille de poissons avec plus de 2 000 espèces dans le monde et près de 300 existant en Amérique du Nord (Jenkins & Burkhead, 1994). L’étymologie du nom du méné dérive de la forme de la tête du mâle (Pimephales – « grosse tête ») et de sa couleur chez les mâles reproducteurs (promelas – « en avant » et « noir ») (Mettee et al., 1996). La « tête grasse » pendant la reproduction est principalement attribuable à la prolifération de cellules épithéliales le long de son dos antérieur. Les vairons adultes ont un corps modérément comprimé, un museau court et émoussé et une bouche légèrement subterminale. Les couleurs sont olive à marron sur le haut du corps et blanc argenté sur le bas du corps avec une bande médiane foncée. Les adultes vont de 40 à 100 mm TL et présentent un fort dimorphisme sexuel. Les mâles nuptiaux ont tendance à être plus gros que les femelles avec des tubercules cornés sur le museau et un coussinet proéminent de tissu rugeux spongieux sur la nuque (Jenkins&Burkhead, 1994; Mettee et al., 1996).

Les têtes-de-boule habitent généralement les mares et les backwaters des petits ruisseaux, mais on les trouve parfois dans les grands cours d’eau, les étangs et les lacs. Ils restent généralement près du rivage ou près de la couverture de mauvaises herbes. Les adultes sont omnivores mangeant des insectes, des algues, des détritus et des microcrustacés (Jenkins&Burkhead, 1994). Les têtes-à-papes sont originaires du Midwest et du cours supérieur du fleuve Mississippi, à l’ouest de l’Utah, au nord du Canada et à l’est du Maine. La popularité en tant que vairon appât a conduit à des introductions de têtes-de-boule aux États-Unis résultant de la libération d’appâts dans un seau ou de l’échappement en écloserie.

La maturité est atteinte en quatre à six mois à une taille d’environ 40 mm TL pour les femelles et 48 mm TL pour les mâles. Le frai se produit naturellement de mai à août (15EC à 32EC) dans les bas-fonds calmes des cours d’eau et le long des rives dans les étangs. Les mâles choisissent et préparent le site de nidification en le défendant des intrus et en ne laissant entrer et frayer que des femelles persistantes. Les nids sont généralement situés sur la surface inférieure de pierres ou de branches submergées. Les femelles fraient fractionnellement tous les 2 à 16 jours, produisant jusqu’à 10 000 œufs au cours d’une saison de reproduction de trois mois (Gale et Buynak, 1982). Les mâles protègent les œufs de la prédation et du cannibalisme et les masses d’œufs en éventail avec des nageoires caudales et dorsales pour augmenter la disponibilité en oxygène. La nuque spongieuse, utilisée pour frotter le site du nid, a des papilles gustatives capables d’évaluer chimiosensoriellement l’état des œufs et on pense qu’elle produit des substances aux propriétés fongicides (Jenkins&Burkhead, 1994). Les œufs éclosent en 4 à 10 jours selon la température. La combinaison d’une fécondité élevée et de soins parentaux contraste avec les aspects normaux du modèle de sélection r et K (Jenkins&Burkhead, 1994).

Le méné à tête-de-boule est inégalé dans la recherche toxicologique concernant les effets de la pollution sur les ressources en eau douce. La tolérance aux conditions défavorables et la facilité de frai rendent le méné à tête-de-boule idéal pour la culture en laboratoire. Le stock de géniteurs peut être maintenu en état de frai toute l’année, ce qui garantit un approvisionnement constant en larves de poissons aux fins des essais de toxicité. Des essais normalisés de toxicité aiguë (EPA, 1993), chronique à court terme (EPA, 1994), au stade précoce de la vie (ELS) (ASTM, 1993) et au cycle de vie (Benoit, 1981) ont été mis au point pour l’évaluation et la réglementation des rejets d’effluents.


Tête de boule femelle (à gauche) et mâle (à droite), Pimephales promelas.
Le mâle est illustrédans l’état de reproduction avec des tubercules rostraux.
Illustrations de Joseph Tomelleri (avec permission).

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